L’associé du diable

Management toxique

Quand Romain est arrivé dans la boîte, il y a deux ans, il débordait d’envie.
Comme tous les nouveaux, ses yeux brillaient,
Il avait fait Math Supp et Math Spé.
Ses efforts avaient payé.
Il allait enfin pouvoir rejoindre l’aventure OVH.
Son manager allait l’aider à bien travailler.
Il était jeune, formé, respectueux.

Son manager Joseph.

Joseph ne criait pas.
Joseph ne tapait pas du poing sur la table.
Joseph faisait pire : il déplaçait la faute, rabaissait et humiliait méthodiquement ses « collaborateurs ».

« Arrête de tout prendre personnellement, ici on est dans le monde du travail, des adultes. »,
« Tu devrais t’acheter un dictionnaire. »,
« Tu n’iras pas manger tant que ce Jira n’est pas passé en done.»,
« Fixe-moi cette merde ! »,
« Tu as tes règles ou quoi ? »,
sans oublier le
« Bon après-midi » à plus de 18h00, ça fait toujours plaisir.

Quand quelqu’un craquait, il parlait de « fragilité ».

Quand un problème remontait,
il finissait à la poubelle.
Avec le couvercle bien refermé.
Propre.
Définitif.

Romain voyait, mais ne disait rien.

Pas parce qu’il s’en fichait.
Pas parce qu’il manquait de courage.
Mais parce qu’on lui avait appris à ne pas faire de vagues.
À respecter la hiérarchie.

Dans sa tête, parler, c’était créer un problème.
Alors il a encaissé.
Il a pris sur lui.
Il s’est dit que ça passerait, qu’il fallait rester « corporate »

Ce que Romain n’avait pas encore compris,
c’est que quand personne ne dit rien,
le message est simple : c’est OK.
Et ce qui est OK devient la norme.
Une validation.

Les managers observent.
Les futurs managers apprennent.
Ils voient ce qui est toléré, ce qui ne remonte pas, ce qui se fait.
Alors ils reproduisent.
Pas par malveillance.
Parce qu’on leur a montré que c’est comme ça que ça fonctionne, au nom des résultats et de la performance.

À force de silence, le problème devient une méthode de management.

Alors, Romain est parti, il avait la vie devant lui.
Ses yeux ne brillaient plus.
Mais Nico, Julie ou Raph ?
Il leur reste bien quelques mouchoirs pour essuyer les larmes,
et la bière, sacrée, du jeudi soir.

Et si on osait simplement ?

Je déteste les phrases qui commencent par « il suffit de » , mais parfois,
Respirer un bon coup.
Regarder les choses en face.

Personne ne demande des actes de bravoure à la « Rosa Parks ».
Personne ne demande de se sacrifier, de s’exposer, et de tout risquer.

Juste d’oser.

Oser dire qu’une situation n’est pas normale.
Oser parler,
pour soi,
pour les autres,
pour la collectivité.

Se taire ne protège pas.
Se taire normalise.

Parler, c’est refuser que l’inacceptable devienne ordinaire.

Un problème nommé ne peut plus être ignoré.
Un problème nommé devient un sujet.

Rien ne bougera si chacun reste seul.
Mais à beaucoup, tout ne pourra qu’aller que mieux.
Et nous on est là pour ça : contact@cgt.ovh

À noter : Avec ROGER, signaler des faits en toute bonne foi ne peut jamais vous nuire.
Au contraire, l'alerte protège.

Toute ressemblance avec des personnes ou des événements existants (ou ayant existé) serait purement fortuite.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

SOURCES:

https://ovh-group.signalement.net/get/9955c5304b8dae6600a9dac500e7a75124d56c52.pdf

https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000044344207

https://somanyways.co/blog/mauvais-manager-quels-sont-les-signaux-dalerte

https://www.roberthalf.com/be/fr/tendances/conseils-en-management/12-comportements-de-mauvais-managers-qui-font-fuir-les-bons-employes

https://www.lemondedudroit.fr/decryptages/99252-le-management-causant-une-situation-de-souffrance-au-travail-constitue-une-faute-grave.html

Scroll to Top