Compte rendu – NAO 2026 – Réunion 1 (29/04/2026)

3 mai 2026

Position de la direction

Lors de cette première réunion des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO),
la direction a indiqué qu’elle ne souhaite pas, pour le moment, communiquer de chiffre concernant l’enveloppe dédiée aux rémunérations, contrairement à l’année précédente.

La DRH indique s’inscrire dans cette NAO comme relai des propositions syndicales, avec pour rôle de porter les arguments auprès du board.

Selon la CGT, cette posture pose une question de fond :
comment garantir que les revendications des salariés seront relayées fidèlement, sans biais ?

Par exemple, nous considèrons que les dispositifs de type LTIP sont disproportionnés au regard des montants alloués à l’ensemble des salariés, quel intérêt aurait notre interlocutrice, bénéficiaire de ces dispositifs, à défendre cette position ?

Dès lors, une question légitime se pose :
pourquoi ne pas négocier directement avec les décideurs finaux ?

La direction a également présenté :

  • ses projections d’inflation
  • un historique des budgets consacrés aux rémunérations sur les cinq dernières années.

Intervention de la CGT

Nous avons immédiatement demandé des précisions sur ces données, notamment sur leur cohérence avec la réalité vécue par les salariés.

Le graphique présenté par la direction met en évidence une situation très ciblée :
le maintien du pouvoir d’achat ne concerne que les salariés ayant plus de 5 ans d’ancienneté ET ayant bénéficié, il y a 5 ans, d’une augmentation d’au moins 6 %.

Afin d’illustrer concrètement la situation, nous avons présenté un exemple de fiche de paie. Cette démarche a mis la direction en difficulté, notamment lorsqu’elle a été interrogée sur la composition du salaire net, sans qu’elle ne soit en mesure d’apporter des réponses claires.

La question posée est la suivante :
comment vivre avec une rémunération ayant très peu évolué sur les 10 à 12 dernières années, dans un contexte d’inflation continue ?

Face à cette interpellation, la direction n’a pas apporté de réponse de fond, renvoyant implicitement à des situations individuelles plutôt qu’à une analyse globale du décrochage du pouvoir d’achat.

Conclusion :

Si vous n’avez pas obtenu +6% il y a 5 ans,
Alors votre pouvoir d’achat n’est pas maintenu aujourd’hui.

Face à cette réalité, la réponse apportée par la direction est préoccupante :
les nouveaux arrivants auraient « mieux négocié » leur salaire à l’embauche et ne seraient donc pas impactés.

Cela pose une question directe :
quelle est la perspective pour les salariés en place ?

« Faut-il quitter l’entreprise pour espérer revenir avec un meilleur niveau de rémunération ? »

Cette logique est d’autant plus contestable à la veille de la mise en œuvre des règles européennes sur la transparence salariale.

Position des organisations syndicales

  • Bien que se disant déçue par les décisions prises l’année dernière, une organisation syndicale s’est néanmoins déclarée satisfaite de la méthode proposée. Elle a également mis en avant le dispositif de leasing social comme réponse à la hausse du coût du carburant.
  • La CGT a exprimé un désaccord clair.

La CGT rappelle que connaître l’enveloppe budgétaire est un préalable indispensable à toute négociation sérieuse.

Sans cela, il est impossible de construire des revendications crédibles.

Demandes de transparence

La CGT, avec une autre section syndicale, a formulé une série de demandes précises sur le bilan de l’année précédente.

Objectif :
évaluer la réalité des montants distribués et identifier les « fonds de tiroirs ».

Sur les rémunérations :

  • Que représente concrètement une augmentation de 3 % en euros ?
  • Répartition du budget entre :
    • augmentations,
    • primes.
  • Augmentation moyenne constatée.
  • Pourcentage de salariés ayant :
    • reçu une augmentation,
    • reçu une prime,
    • bénéficié des deux.

Sur l’équité :

  • Répartition détaillée des augmentations :
    • 0 %, 1 %, 2 %, 3 %, etc.
  • Vérification de l’application des règles internes (notamment le seuil supposé de 2 % minimum).

Sur les situations individuelles :

  • Nombre de salariés n’ayant rien perçu.
  • Nombre de salariés ayant perdu des jours de congés.
  • Taux de versement du 13ᵉ mois (calculé au prorata du temps de présence, et non sur la base d’un 13ᵉ mois complet).

Sur les budgets :

  • Part du budget non utilisée.
  • Détail des montants réellement engagés.
  • Part du LTIP non versée et utilisation du reliquat.
  • Budget des organisations syndicales non utilisé : montants et destination.

Sur les aides publiques :

Contexte économique

Selon les dernières estimations de l’INSEE, l’inflation annuelle atteint 2,2 % en avril 2026, portée notamment par la hausse des prix de l’énergie.

Ce niveau est supérieur aux attentes et confirme une pression durable sur le pouvoir d’achat.

Conclusion CGT

Nous constatons :

  • un manque de transparence dès l’ouverture des négociations,
  • une volonté de repousser les discussions de fond,
  • un décalage entre les propositions de la direction et la réalité vécue par les salariés.

Nous réaffirmons que :

  • la question des rémunérations est centrale,
  • aucune prime ne peut remplacer une augmentation réelle,
  • aucune négociation ne peut être menée sérieusement sans visibilité budgétaire.

La CGT informera les salariés des suites des négociations.

Si vous avez d’autres pistes, merci de nous en faire part sur contact@cgt.ovh

Prochaine réunion: 22/05/2026

Sources :

https://www.deloitte.com/fr/fr/about/press-room/augmentations-salariales-limitees-en-2025.html

https://www.liberation.fr/economie/crise-du-carburant-en-france-le-pouvoir-dachat-a-deja-fortement-ralenti-20260415_5DASDLHZ2VFQZBN7U4SN4S6YJI/

https://www.economiematin.fr/linflation-france-hausse-avril-2026-petrole

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