
Capitalisme –Guerre
Pour beaucoup, une journée de travail à OVH c’est :
Des JIRA, des réunions, des messages Webex qui n’en finissent pas.
Des tâches trop souvent répétitives.
Ce soir-là, Madeleine était pressée de rentrer.
Quelque chose l’attendait.
Un verre avec des amis.
Un spectacle.
Un vrai moment sympa.
Quelque chose qui ressemblait enfin à une soirée normale.
Comme un vieux réflexe, avant même de se préparer, elle a ouvert son téléphone.
Par habitude.
Parce que quelques notifications venaient de plopper.
Elle est tombée sur cet article.
OVH qui veut :
- héberger les données secrètes des armées européennes ;
- recruter « des experts issus des forces armées et de l’industrie de la Défense ».
Et très vite, un haut-le-cœur.
Parce que Madeleine avait du mal à croire qu’on puisse présenter ça comme une bonne nouvelle.
Comme une victoire.
Elle avait grandi avec d’autres mots.
À l’école Jean Jaurès.
Une phrase écrite sur les murs.
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. »
Petite, elle ne comprenait pas vraiment son sens.
Ce soir, si.
Elle avait compris que derrière les drapeaux, il y avait des contrats.
Derrière les grands discours, des dividendes.
Derrière les mots « souveraineté », « sécurité », « intérêt national », il y avait surtout une histoire de gros sous.
Alors, elle a continué à lire.
Et pendant qu’elle lisait, elle a vu que les actionnaires avaient déjà vu l’information.
Eux avaient compris très vite.
Sur les réseaux, ça écrivait :
« Cocorico. »
« Enfin une vraie stratégie. »
« Gros potentiel. »
Le cours montait.
Quelques centimes : 9,60
Peut-être davantage.
Il suffisait de quelques mots : armée, secret, souveraineté.
Et certains y voyaient déjà des profits.
Madeleine y voyait autre chose.
Elle voyait la guerre.
Le sang qui coulerait.
Les mots du général Mandon qu’elle avait entendus et qu’elle ne voulait pas croire.
Elle pensait aux gamins.
À ceux qu’on prépare déjà à « l’effort de guerre ».
Elle repensait à ce lycéen de Faidherbe.
Celui qui avait refusé d’assister à une conférence militaire.
Et qui avait fini en conseil de discipline.
Exclu.
Comme s’il fallait recruter de la chair fraîche à tout prix.
Elle pensait aux hôpitaux.
Aux suppressions de lits.
Elle pensait aux écoles.
Aux classes qui ferment.
Madeleine a senti son ventre se nouer.
Une envie de vomir.
Alors elle a envoyé un message.
« Désolée, je ne vais pas venir ce soir. »
Le lendemain matin, elle est arrivée fatiguée.
Comme après une mauvaise nuit.
Elle préparait son « People Visit ».
Elle devait partir en formation la semaine suivante, à Paris.
Et là encore, stupeur.
L’École de Guerre Économique devait aussi intervenir.
Comme si tout se mettait en place doucement.
Le vocabulaire militaire est partout.
Dans les journaux.
Dans les discours.
Et maintenant dans sa boîte.
Un peu plus tard dans la journée,
Un de ses amis lui a transmis la nouvelle dont elle avait besoin.
Bien meilleure.
Anthropic refuse de travailler pour l’armée.
Anthropic renforce son travail dans la recherche pharmaceutique.
L’intelligence artificielle au service des médicaments.
Leur message est clair :
« Oui à la vie. Non à la guerre. »
Et là, quelque chose a changé.
Parce que ça prouve qu’un autre chemin existe.
Qu’on est pas condamné.e.s à travailler pour faire la guerre.
Qu’on peut choisir :
- Choisir la santé plutôt que le secret militaire.
- Choisir les hôpitaux plutôt que les états-majors.
- Choisir la recherche plutôt que les conflits.
Alors, Madeleine a rencontré les camarades de :
– Verbaudet,
– Emmaüs,
– du CH Dron.
Ils ont lutté.
Ils ont gagné.
Et ça donne de la force.
Parce que non, il est impensable que cette boîte serve à ce qu’un matin,
quelqu’un vienne frapper à nos portes pour prendre nos enfants et les envoyer au front.
« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels » – Anatole France
Une minute de silence.
Pour la paix.
« Innovation for freedom »
Avertissement : Inspiré de faits réels.
Déclaration du 7 avril 2026 à la direction :
SOURCES :
https://www.cgt.fr/comm-de-presse/de-largent-il-y-en-pour-nos-services-publics
https://twitter.com/ns123abc/status/2039881584531144778?s=43&t=ZHfKrLjzwC3HPSXjnKyzvQ
FR « Accepter de perdre ses enfants » : le discours intégral du général Fabien Mandon
