
NAO– Inflation– Pouvoir d’achat
Il y a des personnes qu’on croit immortelles.
Elles traversent nos vies.
Les dimanches après-midi chez mamie,
après le traditionnel poulet rôti.
À la télé, il y avait Chuck Norris.
Toujours le même scénario.
Toujours seul contre tous.
Et il gagnait.
Tout le temps.
Au support, c’est une légende.
On a tous entendu ces histoires de clients douteux
qui envoyaient une fausse carte d’identité de lui
pour se créer un NIC.
Mais au fond,
on aurait presque voulu que ce soit vrai.
On aurait tous voulu lui valider son NIC.
Parce qu’il faisait partie de nos vies.
Parce que c’était régulier, solide.
Ça rassure.
Si tu as déjà eu besoin de faire un crédit, tu le sais.
CDI, fiche de paie,
c’est ça qu’ils veulent.
Une preuve que ça tient.
Tous les mois,
un salaire tombe.
Fixe.
Stable.
Prévisible.
Un peu de variable.
Quelques primes.
Un treizième mois.
À peu de choses près, c’est notre rémunération.
Le fixe, c’est la base.
Celui qui paie le loyer.
Le variable, c’est autre chose.
Objectifs, résultats, conditions.
Souvent non.
Parfois oui.
Le 13ème mois ?
On nous le présente comme un bonus.
Ce n’en est pas un.
C’est du « prorata temporis ».
Déjà gagné.
Versé plus tard.
Et parfois, même pas en entier.
Les primes ?
– Exceptionnelles.
– Discrétionnaires.
Mais, depuis quelques jours,
quand tu fais le plein,
c’est compliqué.
Le gaz ?
+30 % en trois jours.
Ce n’est pas un pic.
C’est une pente.
Continue.
Insidieuse
Sans visibilité.
Pour beaucoup, la voiture n’est pas un confort.
C’est une obligation :
– Aller travailler.
– Faire les courses.
– Vivre.
Presque jamais pour les loisirs.
Alors, à chaque hausse,
c’est une part du salaire qui disparaît.
Tout le monde n’a pas une voiture de fonction.
Tout le monde ne roule pas en électrique pour la brancher sur le parking du boulot.
C’est la double peine.
Les NAO approchent.
Les annual reviews suivront.
L’année dernière, chez OVH :
3 % de budget.
Une prime exceptionnelle.
Sortie de nulle part.
Ponctuelle.
Pas pour tout le monde.
Pendant ce temps,
les prix montent.
Dans les années 70,
il y avait l’indexation.
Aujourd’hui,
il y a le serrage de ceinture.
« Chuck Norris peut gagner un combat en 10 secondes. »
Le pouvoir d’achat, lui,
perd tous les mois.
Et pendant qu’on attend,
certains enchaînent les séminaires.
Châteaux. Parcs. Marrakech.
D’autres n’ont jamais rien connu.
Même après 20 ans.
On le sait déjà, pendant les NAO,
On nous parlera du prix de la RAM.
de l’énergie
De sa hausse.
« Ce n’est pas la RAM qui fait le plein.
Ce n’est pas la RAM qui chauffe les logements.
Ce n’est pas la RAM qui remplit les frigos. »
Notre travail, lui,
rembourse les choix financiers de l’année dernière.
Les cadeaux faits aux actionnaires.
Et on va les payer longtemps.
C’est une énorme dette.
Avec intérêts.
« L’argent n’est jamais gratuit. »
Les salarié.e.s veulent que leurs salaires suivent
avec des augmentations réelles.
Pas des ajustements.
Des garanties.
Sinon,
le niveau de vie recule.
Le travail doit permettre de vivre.
Pas de survivre.
Une dernière question.
Qui paie la hausse ?
Les salarié.e.s?
Toujours les mêmes ?
C’est inacceptable.
Mobilisons-nous.
On doit pouvoir continuer à aller manger du poulet rôti chez mamie.
Elle ne doit pas rester seule devant la télé.
Se déplacer. Allumer le four. Partager un moment.
Ça devient trop cher ?
Stay tuned.
Toute ressemblance avec des personnes ou des événements existants (ou ayant existé) serait purement fortuite.
SOURCES :
https://www.franceinfo.fr/economie/automobile/essence/prix-des-carburants-quelles-solutions-envisagent-nos-voisins-europeens-pour-limiter-les-consequences-de-la-hausse_7875587.html
https://www.cgt.fr/essence
