Cinéma Paradisio

À la mémoire de …

Janvier,
comme tous les ans,
j’envoie une carte pour souhaiter la nouvelle année à deux amies, deux soeurs.
Elles s’appellent Maria et Katitsa.
D’habitude, 
je vais acheter de jolis timbres, une jolie enveloppe
.
Quelques mots pour dire : je pense à vous.

Des photos des enfants.

Des billets de spectacles ou de concerts que j’aurais aimé partager avec elles.

Mais cette année…
Maria et Katitsa n’ont jamais déménagé.

Elles vivent toujours dans leur petite ferme, à « Gevgelija ».
Leur famille m’avait fait une place, chez eux, lorsque j’étais enfant, pour quelque temps.
En « Yougoslavie »
, puis « Ex-Yougoslavie »
 et maintenant en « Macédoine »
.

Je me souviens des routes fissurées,
du soleil,
du lac et des baignades improvisées,
des danses et des chants.

De cette langue inconnue, mais qui ne nous a jamais empêchée de nous comprendre.


Il y avait aussi Dimitrij.

Je pourrais oublier tant de choses, mais jamais ce moment :
Retour en France,
le bus a été arrêté à « Skopje ».

Fouillé.
Trop longuement

Dimitrij s’y était réfugié sans que nous le sachions.

Il voulait traverser quelques frontières avec nous.

Peut-être qu’« Alouette », la cheffe de groupe, avait le projet secret de l’accueillir chez elle.

Une dame en or.

Une seconde maman.

Avec tout son cœur.

Toute son âme.

Car Dimitrij allait fêter son anniversaire quelques semaines plus tard.

« Alouette » nous avait expliqué qu’il devait faire son service militaire.

Là-bas, il durait plusieurs années.

Impossible de s’y soustraire.

Nous étions en 1989.
La guerre a débuté en 1990.

Il était impensable de quitter le pays.
Il devait faire partie des forces vives.

Il en était conscient.
Je ne l’ai jamais revu.

Il a dû redescendre du bus.

Maria et Katitsa, ont pu revenir tous les étés à la maison.
Après la guerre.

Les danses ont repris.

On était tellement heureux de les retrouver.

Des larmes de joie.

Je ne leur ai jamais demandé ce qu’était devenu Dimitrij.

Et je ne le ferai sans doute jamais.

Alors cet article n’est pas comme d’habitude.

Pas de sarcasme.

Pas d’ironie pour supporter les travers de l’entreprise ou du quotidien.

Plutôt une ode.

Une ode fragile.

Imparfaite.

À la tolérance.

Nous n’avons jamais écrit sur la guerre en Ukraine, ni sur Gaza, ni sur tous les conflits qui traversent le monde.

Pas par indifférence.
Plutôt par vertige.

Que dire ?

Que faire ?

Aujourd’hui, l’actualité s’impose.

La guerre en Ukraine continue.

D’autres pays.
Vivent au rythme des bombes.

Des tensions, partout.

Des “coups de canif” dans une convention qui se rêvait universelle.

Nous avions trouvé belle l’idée…
Dans une assemblée générale…
De lire les prénoms des victimes de Gaza.
Des heures.
Peut-être plusieurs journées.
Nous ne l’avons pas fait.

On a hésité.

Notre rôle ?
Pas notre rôle ?

Aux Pays-Bas, des chaussures par milliers.

Et rien que ça, c’est incroyablement bouleversant.
En France, on voit aussi des appels au boycott de certaines marques comme des symboles politiques.

On nous prépare doucement à l’idée de sacrifices à venir.
Et ça fait froid dans le dos.

Se résigner ?

Paniquer ?

On n’a pas la réponse.


Peut-être que chacun, à notre niveau :
• Garder son esprit critique.
• Vérifier les sources.
• Voter, dès que nous en avons l’occasion.
Ça paraît anodin, mais c’est essentiel.
• L’extrême droite est à notre porte.
• Les sondages le prédisent.
La menace d’une nouvelle dissolution plane.

Dans un monde de plus en plus individualiste,
_ il nous faut sûrement (re)construire une mémoire collective.

Aujourd’hui, nous connaissons tous quelqu’un, touché de près ou de loin par un conflit.

Et une chose est certaine : 
Nous sommes tous faits de chair, d’os et de sentiments.
On regarde tou.te.s les mêmes étoiles dans le ciel.

Alors si l’on prenait soin les uns des autres ?

Utopique ?

Moi, je dirais,
Humaniste.

SOURCES :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/10/pourquoi-la-guerre-ce-que-les-penseurs-repondent-a-cette-question-dechirante_6661245_3232.html

https://www.cgt.fr/actualites/international/solidarite/israel-interdit-lacces-gaza-37-ong-une-decision-inacceptable-en-pleine-urgence-humanitaire

https://www.cgt.fr/comm-de-presse/la-cgt-condamne-lagression-des-etats-unis-contre-le-venezuela

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/12/au-sud-de-teheran-la-morgue-de-kahrizak-debordee-par-l-afflux-de-cadavres_6661463_3210.html

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