
Dignité
Juin.
Le mois des fiertés.
Les chars, les drapeaux, la fête.
Des années de luttes pour exister.
On entend parfois :
« Il y a d’autres choses plus importantes. »
« On en fait trop. »
Je ne trouve pas.
La fierté , ce n’est pas une histoire de drapeau.
C’est une histoire de liberté d’être soi.
Sans se cacher.
Sans avoir peur.
Pendant trop longtemps, des personnes ont appris à se taire.
À éviter certaines conversations.
À ne pas parler de leur conjoint.
À laisser passer une remarque pour ne pas faire de vagues.
Alors oui.
Le mois des fiertés, c’est important.
Aucune souffrance ne devrait faire la queue.
Parce qu’un salarié ne laisse pas sa vie sur le pas de sa porte.
Il vient avec ses compétences.
Ses ambitions.
Son histoire.
Et parfois aussi avec la peur d’être jugé.
Je repense parfois à un collègue.
Il n’est pas resté longtemps.
Quelques semaines tout au plus.
C’était il y a plus de dix ans.
Il venait travailler maquillé, en talons.
Je ne sais pas ce qu’il est devenu
ni pourquoi il est parti.
Mais je me souviens des regards.
Des regards curieux.
Et je me suis souvent demandé :
« qu’est-ce que je ressentirais à sa place ? »
« Serais-je à l’aise ? »
Les rumeurs à la machine à café, ça fait partie du monde du travail.
Tout le monde y passe, à un moment ou à un autre.
Ce n’est pas ça le sujet.
Ce qui compte, c’est de ne pas être réduit à une étiquette.
Venir travailler sans crainte,
sans discrimination,
sans harcèlement,
sans violence.
Et c’est exactement pour cela que nous sommes fiers d’une décision prise lors du dernier congrès de la CGT.
La lutte contre les violences sexistes et sexuelles figure désormais dans nos statuts.
Ce n’est pas un slogan.
C’est un engagement.
Une façon de dire que ces violences ne sont pas des sujets secondaires.
Parce qu’il n’y a pas de hiérarchie dans la dignité.
Avertissement : Inspiré de faits réels.
SOURCES :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-droits-lgbt-de-l-intime-au-politique
