
Liberté d’expression
Nous avons posé une question toute simple à la Direction, le 13 octobre dernier.
Plusieurs salarié.es nous ont alerté sur une multiplication d’entretiens disciplinaires et se demandent s’ils peuvent encore s’exprimer librement.
Sur le Slido, la question est revenue.
Elle en devient urgente : « Est-il encore permis de formuler une pensée critique et de s’exprimer librement dans les espaces prévus à cet effet ? »
Pour l’instant, nous attendons la réponse.
À première vue, la liberté d’expression peut enquiquiner.
La Direction pourrait trouver le silence formidable :
- ça ne dérange pas,
- ça ne conteste pas,
- ça ne pose pas de questions.
On pourrait se contenter des statistiques de l’ enquête « OVH cloud spirit », le nouveau « Peakon ».
Tout le monde est satisfait.
Mais si répondre à une enquête, critiquer une décision ou exprimer un désaccord devient un sport à risque, il ne faut pas s’étonner que les salarié·es finissent par répondre :
« Tout va très bien. »
Et ça, personne n’y croit.
Chercher à faire disparaître certaines phrases ne fait pas disparaître ce qu’elles expriment.
On l’a vu lors du référendum sur la GEPP : quand les salarié·es ont eu la parole, ils s’en sont servis.
Quand le CSE a été assigné pour contester le risque que présentaient certains câbles, des victimes ont expliqué leurs accidents, CERFA à l’appui.
Parce que s’exprimer, ce n’est pas seulement contester une décision.
C’est aussi pouvoir signaler un problème, faire remonter une idée, attirer l’attention.
C’est aussi pouvoir exister, tout simplement, autrement que par son travail.
C’est important, surtout depuis l’avènement du télétravail.
Nous avons la capacité de penser, de proposer, de ne pas toujours être d’accord et c’est OK.
Il faut garder à l’esprit que dans une entreprise, la liberté d’expression a quelques limites.
Cependant,
critiquer, ce n’est pas pareil que diffamer,
désapprouver, ce n’est pas pareil que dénigrer,
et signaler un problème, ce n’est pas nuire à l’image de la boîte, mais la faire évoluer.
Alors, faut-il se taire ?
Le silence ne fait pas disparaître les problèmes.
Et mettre la poussière sous le tapis, au bout d’un moment…ça fait éternuer.
Alors pour résister, on ne peut que vous conseiller de :
- Répondre aux enquêtes du CSE
- Poser vos questions.
- Nous parler.
C’est une manière d’exprimer vos désaccords.
D’ailleurs, ça peut donner envie aux RH de se déplacer ensuite sur les sites pour vous parler.
On peut se dire que c’est bon signe, quelqu’un écoute.
Pour quoi d’autre?
Est-ce qu’on a le droit d’en rire ? Heureusement, OUI.
Manier l’humour n’était pas au goût de tous.
« Le Canard enchaîné », « La Riposte », « La Dernière »… et tous ceux qui considèrent que l’insolence n’est pas un vilain défaut.
Ne pas toujours répondre « oui-oui» ,
c’est une preuve de bonne santé démocratique.
Parce qu’une entreprise forte doit accepter la critique, pas seulement les applaudissements.
Alors parlons. Rions. Avant que la moutarde ne nous monte au nez… parce qu’après, il ne nous restera plus qu’à manifester.
Avertissement : toute ressemblance avec des personnes ou des événements existants (ou ayant existé) serait purement fortuite.
SOURCES :
https://www.grands-avocats.com/dossiers/droit-dexpression-au-travail-que-dit-la-loi/
OPTIONS – Au coeur du social numéro 689
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-18-20-un-jour-dans-le-monde/le-18-20-un-jour-dans-le-monde-du-mardi-07-janvier-2025-3619576
Les Guignols et la liberté d’expression
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R11307
